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INFOS
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Extrait N°4
FOCUS

IXCEA
C'est le nom de la maison d'édition qui a publié ce recueil. Découvrez d'autres auteurs talentueux en allant directement ICI
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3D
La couverture du recueil a été crée avec le logiciel Vue d'Esprit. L'image fait partie d'une série appelée "Hommage à Dalì". Paysages de synthèse inspirée du monde du maître du surréalisme Salvador Dalì.


ANUBIS
 

"L'obsidienne de tes yeux,
La couleur des ténèbres
Et un foulard de fils d'or
M'aideront à trouver la voie parmi les miens."

 

Le bruit qu'avait fait la porte en se refermant avait mis Jake en alerte.

Dehors la chaleur moite de l'été était pesante et malgré les fenêtres fermées en impostes, Jake n’arrivait pas à disperser la chaleur qu'il avait accumulée durant la journée. Il avait passé une bonne partie de l’après-midi à rêvasser demeurant immobile, couché à même le sol et attendant l’arrivée de son maître avec l’impatience d’un enfant qui attend le jour du réveillon pour déballer ses cadeaux.

Les ombres s’allongeaient menaçantes, étirées contre le mur par le déclin du soleil. Ceci était le signe que l’heure était proche. Il connaissait bien les habitudes de son maître et savait qu’une fois franchi le pas de la porte, il allait l’appeler pour l’emmener avec lui faire un tour dans le parc. C’était le moment de la journée qu’il préférait, sans aucun doute.

Il pouvait presque ressentir la fraîcheur de l’air se poser enfin sur son pelage, il pouvait presque entrevoir le gazon où il allait pouvoir courir. Une fois rentrés, il sentirait la main de son maître le caresser et le rassurer, tandis qu'il pourrait doucement sombrer dans un sommeil sans craintes.

Jake tourna la tête en direction de l'entrée, les oreilles droites et à l’affût. Sa queue bougeait imperceptiblement.

Il espérait, voulait, que son maître le caresse et le rassure, mais il sentait que celui qui venait de faire irruption sur son territoire, n'était pas celui qu’il attendait.

Il l’avait compris au moment même où il avait entendu le bruit provenir de la cuisine. Pourquoi se sentait-il menacé et serein en même temps ? C’était un sentiment contradictoire qui s’était insinué jusqu’à la dernière molécule de son corps et le mélange de ces deux sentiments avaient fait naître en lui une émotion qu’il ne pouvait pas s’expliquer.

La présence avançait lentement apportant avec elle une odeur forte, épicée, mélange de bière fermentée et de sucre. Sa truffe était inondée. Cette senteur insolite n'était pas désagréable en soi et avait définitivement enveloppé la maison tout entière, s’étirant partout comme un drap posé sur un canapé prêt à être emporté par un escadron de déménageurs.

Confiant, Jake posa la tête sur ses pattes, ferma les yeux et attendit sans bouger.

 

L’homme qui avait franchi le seuil de la maison était certes un inconnu, mais il se dégageait de lui cette senteur inhabituelle chargée d’une essence qui lui inspirait une confiance aussi forte que celle qu’il avait pour son maître.

A l’instant même où l’étranger avait fait irruption dans la maison, l'envie de se lever et de courir en aboyant dans la cuisine avait complètement disparue. C'était un ancien rituel qu'il entretenait avec son maître et qu'il n'aurait changé pour rien au monde ; l'homme faisait semblant de le poursuivre et Jake se faisait un plaisir de l'attraper pour lui lécher le visage, le faisant tomber sur le dos, accompagné des rires de l’homme qui faisait semblant de le réprimander pour ses brusqueries. Il n’avait pourtant pas envie d’aboyer et encore moins de se lever. Jake n’avait qu’un seul souhait, celui de rester allongé sur le carrelage et dormir jusqu’à plus soif.

Il sentait monter une fatigue qui lui était peu coutumière, l'odeur âpre qui flottait dans la maison s'insinuait inexorablement dans chaque pore de sa peau et cette senteur avait l’effet d’un sédatif. Son corps semblait s’alourdir, ses paupières ne voulaient plus se relever alors, il s’abandonnant à cette sensation de paix et de calme qui accompagnait les pas feutrés de l’intrus qui rentra dans la pièce. Il fit quelques pas puis s’arrêta près de lui. L’animal sentit le regard de l’inconnu se poser sur lui.

Il ne bougea pas lorsque la main de l’intrus se posa sur son pelage. Il ne manifesterait aucune menace à l’encontre de l’homme au contraire, il se soumettrait à sa volonté.

Il se serait battu s’il l’avait pu, simplement pour éprouver encore une fois le plaisir de courir le long du ruisseau et aboyer aux canards qui eux, l’ignoreraient superbement.

Ses forces l’abandonnaient peu à peu. Impuissant face à une fatalité qui ne se souciait guère de ses désirs.

Jake vacillait dans un état proche de l'inconscience. L’odeur aigre qui s’était propagé dans la maison emplissait ses narines. Ses idées n'avaient plus rien de cohérent et il sentait son corps s'enchevêtrer avec son âme.

La main puissante de l’inconnu lui caressa la tête et une nouvelle rafale de cette senteur étrange lui emplit l'esprit. Il ne pouvait contrôler aucun de ses muscles, se résignant à s’abandonner totalement à l’inertie de sa posture. Il entrevoyait le monde au travers d'un brouillard qui devenait de plus en plus épais, alors qu’il distinguait nettement les sandales en cuir tressé de l'homme qui s’était agenouillé près de lui, et qui s’apprêtait à le prendre dans ses bras.

 
[…] La suite de la nouvelle dans le recueil:
 

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